dimanche 12 mai 2013



  J'ai les idées en vrac, le sommeil trop léger et j'ai recommencé à boire du café pour compenser mes nuits agitées. Je suis toujours aussi douée pour faire semblant d'être profondément assoupie quand mes enfants refusent de faire la grasse matinée ; chaque matin, j'attends que leur père se glisse en dehors du lit pour s'occuper d'eux et me laisser prolonger mes songes. Lovée dans la couette, j'ai les yeux fermés mais le cerveau qui bout. Je me sens parfois si petite dans ce monde de grands.
  La rentrée. Les enfants qui sourient, la mine bronzée, leurs cheveux blondis par les quelques rayons de soleil que ce frileux mois de mai a bien voulu nous offrir, les regards curieux, leur application. Les collégiens qui chahutent, les confessions qui reprennent entre deux cours, Thomas qui manque à l'appel, à nouveau. Mon portable dans la poche, j'attends la vibration qui m'indiquera un texto d'une copine, quelques mots pour m'échapper un instant de cette vie où je me perds souvent. J'ai écrit à la craie blanche À quoi sert la culture ? et j'ai écouté mes élèves s'interroger à haute voix, débattre, évoluer, les poussant à aller plus loin, toujours, dans leur cheminement, dans leur réflexion. Pendant une petite heure, je me suis sentie utile et à ma place, et puis, et puis...

  Je ne sais pas très bien si je crois au hasard ou pas, toujours est-il qu'une de mes meilleures amies, rencontrée en banlieue parisienne, vient de s'installer tout près de chez moi pour le boulot. Mon amoureux a un peu râlé quand je lui ai dit que je passais la journée dehors, ouais, encore, mais j'ai huit mois à rattraper tu sais. Brocante-expo-shopping-salon de thé, une journée de filles pour rompre avec le quotidien, retrouver l'insouciance de notre adolescence, du temps où on ne prenait pas encore de grandes décisions, où on ne se rendait pas compte à quel point tout était facile, finalement. J'aime cette fille parce que c'est une indépendante, une douce, une gentille, une belle personne. Parce que je peux lui dire tout ce que j'ai sur le coeur et que même lorsque je lis dans son regard de l'étonnement, il n'y a jamais une once de jugement. Parce qu'elle a le rire facile, celui qui allège toutes les discussions d'adultes vous savez ; parce qu'elle me propose de garder mes enfants pas simplement parce que c'est une bonne copine mais parce qu'elle les aime réellement, parce qu'elle danse dans la rue et ne se prend pas au sérieux alors qu'elle a tout pour elle. Parce que c'est une passionnée, aussi. Comme je les envie, ces gens qui savent où ils vont, qui se donnent les moyens d'y parvenir, et comme je m'énerve quand je m'observe dans cette attente complaisante et rassurante qui pourtant ne me satisfait pas. Elle est où ta passion, Sofia ?. J'aimerais tellement m'émanciper des barrières que je m'octroie. 

  

lundi 6 mai 2013

Si tu savais comme je t'ai aimé.


  Avril 2013 à Paris, c'est aussi les retrouvailles les plus improbables de la Terre, juste avant le départ, dans ce café de Belleville aux visages de toutes les couleurs où les vendeurs de pistaches et de roses déambulent entre les clients. La veille, il y a eu son message qui me disait qu'il était à Paris et ma réponse à sa proposition de nous revoir, spontanée mais sereine, comme si c'était une évidence. À midi, sa voix fatiguée de celui qui a trop bu la veille, sa voix que j'avais oubliée et qui me laisse un sourire sur les lèvres. Quelques heures plus tard, nous sommes là, assis l'un à côté de l'autre parmi les parisiens du quartier, nos thés à la menthe brûlants refroidissant devant nous, avec cette impression de s'être quittés la veille malgré les onze années passées, malgré les chemins parcourus, parce que tout a changé mais rien n'a changé et c'est sacrément troublant. Je l'écoute me raconter avec passion sa vie d'aujourd'hui, son métier de galeriste à Montréal, il n'a pas perdu son regard critique et sa soif d'apprendre ; qu'il parle de Keith Haring ou de Taubira, de Socrate, d'Aimé Césaire ou de Booba, il a toujours cette façon si tranchée de donner ses avis mais je me rends compte que ces derniers sont difficilement contestables. Je suis soulagée de savoir que l'ado qui m'avait séduite autrefois est devenu un adulte heureux, surtout quand le pari n'était pas gagné d'avance. Je suis émue de retrouver ses gestes, son rire, son regard malin et son joyeux culot, et je le vois se réjouir en apprenant que je vais me marier, en me disant que mes enfants sont beaux, en se fichant de moi lorsqu'il entre dans ma voiture en me glissant : "C'est à toi ça ? Ah ouais, t'as vraiment changé !". Sur le chemin du retour, on rit en reparlant du passé, de l'été sous la pluie à San Sebastian et Hendaye, du surf, des copains, on échange quelques souvenirs. Il y a cette tendresse de ceux qui se sont aimés un jour, pour l'ado que l'autre était, pour l'ado qu'on était soi-même. Et même si les lendemains seront difficiles parce que malgré tout, remuer le passé est toujours un peu douloureux, je suis heureuse d'être là, près de lui, pour quelques heures.


# Paris, avril 2013 (3)


vendredi 3 mai 2013

Provinciales de Paris



Les p'tites indécises et l'oisillon câlin


Dans la librairie des Guetteurs du vent, j'écoute malgré moi, agenouillée devant la pile de Muze, cette femme au rire singulier qui raconte à la libraire la grossesse de sa soeur et je me surprends à sourire avec elles. C'est la pluie qui m'a poussée à me réfugier derrière ces vitrines affriolantes, entre les derniers romans bien rangés et les albums jeunesse qui colorent les étagères beiges. Quand je ressors, les trottoirs sont grisdepluie, une bande de Sri-Lankais discutent bruyamment, j'entends des nin-nin-na que je ne comprends pas mais j'ai le sentiment qu'ils se marrent bien et leur brusque éclat de rire me le confirme quelques secondes plus tard. 
  En m'asseyant dans la voiture, je me rends compte que je porte encore l'odeur de l'oisillon. C'est sa maman que j'ai vue la première derrière la vitre des P'tites indécises où m'attendaient mes amies et, très vite, son petit crâne blond de bébé de 7 mois, la main dans les boucles dorées de sa mère. Le café des P'tites indécises, qui m'avait séduite dès qu'Audrey avait prononcé son nom en proposant de s'y retrouver pour un brunch entre filles, m'a semblé familier au premier pas posé dans les lieux. La gentillesse des serveurs qui nous parlaient comme à des habituées, les murs colorés, l'ardoise alléchante, tout me plaisait et me mettait à l'aise dans une atmosphère réconfortante. Retrouver mes amies parisiennes devenait un rituel de vacances et j'éprouvais le même plaisir que lorsque notre "déjeuner entre copines" avec Pauline, un lundi de septembre 2011, s'était transformé en "déjeuner du lundi". Nous avons parlé mariage (beaucoup), nourrices et boulot (un peu), mecs et enfants (évidemment). Nous nous sommes délectées et régalé les yeux avec nos plats à la hauteur de ma première impression. Nous avons pouponné et respiré Léon. C'était un moment doux et comme toujours, délicat et délicieux, oui, délicieux.


# Paris, avril 2013 (2)

mercredi 1 mai 2013

Enfants de bohème.

Les vacances ou Peau d'âne en boucle.



  Nos paumes serrées l'une contre l'autre, le soleil caressant nos têtes, nous courons vers le théâtre du Brady. La gorge sèche, le coeur qui boum fort contre la poitrine, j'entends son rire quand je m'arrête brusquement pour laisser passer un cycliste apeuré par notre imprudence. On slalome entre les vendeurs à la sauvette et ceux qui m'encouragent à entrer dans des salons de manucure ou de coiffure. Je n'aime pas ce quartier de Paris mais assise sur le strapontin du théâtre, j'oublie l'extérieur, les trottoirs gris, les toxicos qui gisent contre les murs de la gare de l'est. Clara semble ne rien avoir vu, elle s'extasie lorsque les comédiens entrent en scène, chante et danse avec eux, elle s'éclate et moi je souris.

 Une heure, un baiser aux comédiens et un badge souvenir plus tard, nous retournons chercher la voiture. On est bien toutes les deux, hein Maman ? Oui, on est bien. 
  Nous rejoignons le 15ème. Je râle contre les autres automobilistes et je me marre en remarquant que je "fais la parisienne" en ne respectant pas tout à fait le code de la route moi non plus. Clara dort, j'écoute Alex Beaupain, je repense au rainbow cake fait pour une fête de famille quelques jours plus tôt (pas de doute, les vacances commencent quand on se met à cuisiner des gâteaux colorés), je repense à ce roman terminé la veille et qui m'a tant touchée, je repense à l'acceptation du mariage pour tous et waouh, la boule de joie qui fait gonfler mon coeur ne désemplit plus depuis, je repense à ce pique-nique avec mon meilleur ami d'enfance et ma meilleure amie actuelle sous le soleil du parc de Vincennes, je repense au vin blanc tout doux et aux Batna avalés en trop grande quantité, je repense à mon deuxième essayage et cette robe, cette robe, elle était tellement faite pour moi que j'en aurais pleuré si les couturières ne me faisaient pas sourire avec tous leurs compliments. C'est les vacances et je suis si bien dans ce Paris que j'oublie petit à petit, ce Paris des week-ends et de la vie à 1000 à l'heure. 

  Paris traversé, je me gare rue Dantzig, à quelques pas de mon ancienne école. Le café chineur où j'avais pris mon petit-déjeuner avant de partir pour 4 jours avec mes élèves à la découverte des châteaux de la Loire, la façade au portrait de Brassens, la librairie jeunesse du divan et puis, au fond, le parc, ses corneilles et ses poneys, les nourrices aux poussettes et les jeunes qui bronzent sur la pelouse. En attendant Pauline et B., je raconte à Clara l'histoire de Carmen et elle se met à chanter "l'amour est enfant de poème", alors ça me fait rire parce que ce n'est pas tout à fait ça mais quand même, c'est tout à fait ça. Les filles arrivent, Pauline et sa robe aux oiseaux, B. et son foulard sur la tête, il y a dans l'air un petit goût d'antan et c'est bon.


# Paris, avril 2013. (1)



jeudi 25 avril 2013

Quand je me ressemble, pour Betsy.



  Il y a quelques temps, à la manière de Juliette, je demandais à ma grande fille de me prendre en photo le matin pour garder des souvenirs des tenues de mes 25 ans. En fait, je me suis vite lassée de l'exercice mais Betsy m'a donné envie de partager ces images avec vous .

  Quand je me ressemble, je porte un slim bleu ou noir, une robe ou une jupe au dessus du genoux mais pas plus court (amis du complexe des cuisses pas musclées, bonjour !). J'aime les matières fluides et la dentelle pour le haut, même s'il parait que ça fait mamie dixit mes 4èmes - ils n'y connaissent rien, ces ingrats ! J'enfile la plupart du temps des chaussures à talons, 5 ou 6 centimètres, rarement plus. Parfois, je leur préfère une paire de richelieu plates. J'ai presque tous les jours les cheveux détachés alors que j'adorerais savoir me faire de jolies coiffures ; depuis ces photos, mes cheveux ont encore poussé, je les trouve même un brin trop longs mais j'attends le mariage pour les couper.

  Ça ne se voit pas sur les photos mais je suis toujours maquillée, un peu d'ombre taupe sur les paupières, du rouge bien rouge sur les lèvres, mon fond de teint fétiche que j'achète sur Amazon parce qu'il n'est plus vendu en grande surface, un peu d'abricot Agnès B. sur les joues et du mascara (en ce moment, Chanel mais mon must, c'est le Lancôme hypnose star parfait pour mes cils fins).

 




  J'adore les tote-bags. Ma soeur m'a offert celui avec l'appareil photo à Noël, et j'ai craqué sur le fluo peu après.



Mais pour les cours, je prends plutôt mon grand sac en (faux) cuir pour ranger pour mini-pc et tout mon bazar.


  Quand je me ressemble, j'ai souvent un Télérama ou un roman dans mon sac pour bouquiner entre deux cours, une tablette de milka entamée dans la petite poche devant, mon téléphone dans la main ou près de moi, des images et des mots plein la tête et des envies de projets à réaliser.

  

jeudi 18 avril 2013

Bleu acier



  Les petites perles dorées de la semaine s'accumulent et me permettent, doucement, de retrouver le moral qui jouait aux abonnés absents depuis quelques temps. Je lis en ma fille des maux qui résonnent très fort en moi. Souvent, je me sens chagrinée lorsque les émotions la submergent, mais si elle est mon petit miroir, nous devrions parvenir à nous comprendre et je crois que c'est une bonne chose. Ce soir, elle m'a dit une jolie phrase pleine de positif et j'ai senti mon coeur s'alléger, s'alléger, s'alléger.

   Les petites perles dorées, ce sont les airs enfantins des 6èmes, la tête sur les bras, le pouce dans la bouche pour certains, lorsque je leur lis le premier chapitre d'un roman, et leur cri d'une seule voix Oh non, encore un peu ! lorsque je m'arrête en leur disant que maintenant, c'est à eux de lire la suite.
  Les petites perles dorées, ce sont les 4èmes que je sermonne suite à une évaluation plus que ratée et qui me répondent avec vigueur lorsque je leur avoue que j'ai parfois l'impression que mes cours ne servent à rien : Mais non Madame, c'est de notre faute, on n'avait pas révisé ! Mais on a progressé, hein, beaucoup même ! Vous vous souvenez pas comme on était nuls au début de l'année ?
  Et puis mon collègue qui me confie que Paul a passé son cours à lire un bouquin que je lui avais prêté, et qu'il a fait semblant de ne rien voir tant il était ravi que notre élève soit passionné par sa lecture, lui qui n'avait plus terminé un livre depuis des années. Ashton qui s'écrie, lorsque je leur dis que j'ai pensé à eux en visitant le Museum de Nantes qui leur aurait bien plu : Ah mais vous nous aimez trop, en fait !, me faisant éclater de rire. Simon qui passe déposer des bonbons dans mon salle de classe parce qu'il fête son anniversaire un jour où je ne l'ai pas en cours. Ma copine Barbara que je croise par hasard à la plage, un soir où le vent emmêle mes cheveux et m'empêche de corriger mes copies. Le petit Raphaël qui vient d'arriver en CE1 dans ma classe et dont le sourire ne s'arrête plus de grandir. Mes tantes qui ont des gestes si gentils pour mon mariage et le cadeau ou-fis-sime de ma soeur. Mes deux minouches qui, même s'ils me rendent folle en ce moment tant ils font des bêtises, m'émeuvent chaque soir lorsqu'ils me sautent au cou quand j'entre chez leur nourrice et sont bien patients lorsque leur mère fatiguée râle pour un rien. Mon amoureux qui chante tous les génériques des dessins animés de notre enfance pour me faire sourire lorsque j'ai un coup de blues, et qui me fait mourir de rire lorsqu'il se vexe parce je réussis un créneau qu'il tentait en vain.

 Les vacances commencent demain et Clara et Auguste sont prêts. Repérage des monuments à visiter fait, ma carte de Paris, achetée dans cette très chouette boutique, est maintenant encadrée dans le salon. Une semaine pour voir les amis, la famille, pour aller au musée, pour prendre des cafés et des thés, pour préparer le mariage qui arrive si vite et essayer ma robe de mariée, oh my god !, pour dévaliser Hema et les autres boutiques qu'il n'y a pas ici. Une semaine pour dissiper les débris du moral bancal. 
 Ensuite, je rentrerai au bord de la mer, retrouvant le sable qui s'infiltre dans nos chaussures, le ciel bleu acier, l'écume sur la mer épaisse et les chantiers que j'aime tant. Ensuite, je rentrerai et tout ça, je le sais, m'aura réellement manqué.

mardi 2 avril 2013

Savourer les (t)rêves.



 Paul est venu me trouver dans la petite salle de classe des CP-CE1, peu avant le cours de français, avec cet air de celui qui ne savait pas par où commencer. Il a refermé la porte et j'ai levé la tête de mes copies. Nous avons parlé des désirs adolescents, de pourquoi (mais pourquoi ? répétait-il) il était important de prendre son temps, de se connaître, de s'aimer, et puis, surtout, de se protéger. Lorsqu'il est ressorti, je suis restée songeuse un instant, plus du tout dans mon rôle de prof et me demandant si j'avais bien fait de l'écouter se confier à ce point sur ses sentiments, ses envies et ce trouble amoureux qui l'envahissait depuis quelques semaines. Je crois que oui. Quelques jours plus tard, Paul s'est fait larguer par Johanna, il a fait la tête pendant deux jours puis a retrouvé sa bonne humeur un peu fière et m'a soufflé, juste avant de quitter la salle : "En fait, je devais pas l'aimer tant que ça". J'ai souri.

  C'était vendredi. Le soir-même, j'allais inscrire mon petit garçon à la maternelle pour la rentrée prochaine, partagée entre l'excitation de le voir grandir dans un petit groupe d'enfants et la nostalgie du bébé qui n'en est plus vraiment un. Mon bébé qui admire sa soeur comme la première star de sa vie, l'imitant sans cesse jusqu'à se jeter par terre lorsqu'elle glisse, ne pouvant aller se coucher sans l'avoir embrassée. Mon bébé qui tend à s'affirmer, de jour en jour, par le biais de moi tout seul répétés invariablement comme un rituel d'indépendance lorsque je tente de le pouponner encore un peu. Mon bébé qui, malgré cela, laisse couler de grosses larmes lorsqu'on lève un peu la voix, nous appelant à le prendre contre nous pour le rassurer, le cajoler, l'excuser instantanément pour qu'il se remette à sourire.
  En sortant du bureau de la directrice de la maternelle, j'ai récupéré ma Clara en élémentaire et lui ai proposé d'aller goûter entre filles, comme nous avions l'habitude de le faire au début de l'année. Nous avons commandé un moelleux au chocolat et une coupe caramel, échangé à la moitié, discuté de l'école, de mes créations graphiques - je pense que ce n'est pas toujours simple pour cette petite fille d'avoir une maman qui a toujours plein de projets en tête -, de ses copines et de ses 5 prétendants, de sa joie de revoir Tao qui viendrait goûter le lendemain soir avec ses parents et sa petite soeur à la maison, et, pendant cette petite heure, nous ne nous sommes pas disputées. Faste trêve tant nos relations sont houleuses en ce moment et ce malgré notre envie de nous retrouver comme avant. Souvent, je m'interroge en la regardant évoluer avec toutes ses angoisses et son insatisfaction ; immuablement, je me demande dans quelle mesure j'en suis la responsable. 

  Marie, Amine, Tao et Lila sont repartis peu avant minuit. Le goûter s'était prolongé en dîner, le thé à la violette avait laissé place au vin et la tarte aux pommes à un poulet basquaise très pimenté. Nous affichions tous le sourire de ceux qui se sont emplis de la gentillesse des autres, de ceux qui sentent qu'ils ont trouvé de vrais amis. Depuis son petit lit à barreaux, Auguste a gémi et j'ai abandonné ma couette pour le rejoindre. Il avait le sommeil agité, ses petits poings fermés le long de ses joues roses, le nez qui coulait et le front humide. Ma main posée sur sa tête est parvenue à l'apaiser un instant mais je savais déjà que nous finirions la nuit à trois, son dos contre mon ventre, ses jambes le long des miennes et, inévitablement, mon bras pour le serrer contre moi comme pour mieux apprécier cette promiscuité. Nous dormirions mal, nous nous réveillerions mutuellement, nous soupirerions de fatigue mais, dans les jours à venir, nous recommencerions, et ce tant qu'il ne réussirait pas à retrouver le sommeil seul, mon bébé.



jeudi 28 mars 2013

La petite nouvelle.

Quelques jours avant mon anniversaire, mon amie Julie a accepté ma proposition de réaliser les faire-part de naissance de sa petite fille prévue pour mai. Elle n'imaginait pas à quel point j'ai considéré sa confiance comme un cadeau. J'ai toujours aimé l'art et la déco, associer les couleurs, les formes, cherchant de l'inspiration dans mon quotidien et repérant un peu partout les jolis imprimés. J'avais follement adoré créer nos faire-part de mariage et j'ai retrouvé cette flamme en réalisant le faire-part de cette petite invitée, avec en prime le plaisir de m'adapter aux envies de mon amie pour que ma production lui corresponde réellement et la très agréable surprise de me rendre compte que j'arrivais très rapidement à cerner celles-ci. Le faire-part a ainsi été bouclé en deux jours, Julie m'ayant bien guidée... et moi, je n'avais qu'une envie : recommencer.

  Alors, tout a été très vite. J'ai passé quelques soirées devant Photoshop, dessinant des faire-part de naissance et de mariage, essayant d'y glisser un côté graphique, des couleurs douces et fraîches, un brin de poésie, bref, des réalisations dans l'air du temps, avec de la personnalité et un vrai côté esthétique. En  2012, je m'étais promis que 2013 serait l'année de la concrétisation, de l'accomplissement d'au moins un projet dont je rêvais : le voici.




Dans ma petite boutique, vous trouverez des faire-part de naissance, de mariage, et bientôt d'autres jolies papeteries (affiches, cartes, invitations...).




Je serais très heureuse de connaître votre avis sur mes productions et, je l'espère, d'en réaliser pour vous un jour.


PS : la petite boutique est aussi sur facebook : retrouvez-la en cliquant ici !



dimanche 24 mars 2013

My day.

16 ans à Paris (2003).

  Au réveil de mes vingt-six ans, il y a un petit garçon assis sur mon ventre, une marionnette de loup animée par sa main droite au dessus de ma tête et sa voix qui chante entends-tuuuu ? Que fais-tuuuu ? . Depuis la cuisine, mon amoureux s'écrie : "Attends, dors encore, je n'ai pas terminé !". Ça sent bon les crêpes et Clara me confie qu'elle a vu des fraises dans le frigo, avant de me faire deux câlins-du-matin au lieu d'un habituellement, parce que c'est ton anniversaire quand même. 

  Mes vingt-six ans ont commencé un peu en avance, comme pour m'aider à m'habituer à cet âge troublant, l'entrée officielle dans le monde des adultes, la sortie de la catégorie 18-25 ans (bien qu'au fond, suis-je réellement rentrée dans les cases un jour ?). En début de semaine, une petite enveloppe m'attendait sagement dans la boîte aux lettres, contenant de quoi aller au restaurant plusieurs fois pendant cette vingt-septième année. J'y avais immédiatement reconnu l'écriture de mon père, lui qui sait comme j'aime la gastronomie, lui qui sait aussi que j'avais un petit pincement au coeur à l'idée de passer cet anniversaire loin de mes proches.

  Le lendemain, c'était cette paire de Salomé rouges repérée quelques semaines plus tôt qui avait été déposée par le facteur. Je n'ai pas réussi à résister à la tentation de les essayer, soigneusement, discrètement, puis je les ai replacées l'air de rien dans leur cachette en carton. Ce soir, je feindrai la surprise, mon amoureux verra que je fais semblant et ça le fera peut-être un peu râler, sûrement rire.
  Le même jour, Tom, un élève de 6ème, m'avait souhaité un bon anniversaire et avait semblé déçu lorsque je lui avais répondu qu'il me fallait attendre encore un peu. Ma collègue m'a raconté que Tom avait préparé une surprise pour moi, j'ai repensé au nombre de fois où je l'avais disputé pour qu'il se mette au travail et ça m'a fait sourire qu'il garde de l'affection pour sa prof pas toujours très drôle. 

  Au réveil de mes vingt-six ans, il y avait ce message d'Anna qui me rappelait nos années de lycéennes et me disait prendre un coup de vieux, juste au moment où je retombe par hasard sur cette photo de moi il y a dix ans, sur les bancs de la cour du Louvre. Alors je repense à ces années douces, les cours de littérature qui me passionnaient, les cours de sciences que je séchais, les rêves d'après-bac sans trop y croire, les soirées pyjama et les chorégraphies devant MTV, les mots d'excuse qu'on écrivait pour les copines, l'insouciance, l'insouciance, l'insouciance. Et les amis et l'amoureux toujours présents aujourd'hui. Ma page facebook se remplit au fur et à mesure de l'écoulement du temps de jolis mots, je savoure en lisant Milena m'appeler "jeunette", je ris d'un mail de ma maman, je souris d'un texto de mon père tel que je l'avais imaginé.

   Au réveil de mes vingt-six ans, il y a ce petit projet qui, en partie grâce à mon amie Julie, germe dans ma tête, me faisant penser que je ne suis qu'à l'aube de l'âge adulte et que tant de belles choses restent à venir. La vie est devant moi.




Ajout du 28 mars : merci, merci, MERCI pour vos doux mots. C'est fou comme on peut être touchée par les amitiés virtuelles !

vendredi 22 mars 2013

Les préparatifs

Merci pour vos petits mots sur le post précédent, c'est chouette de vous retrouver ! Celui-ci sera différent des habituels, pas (trop) de blabla mais plusieurs photos : Hélène voulait voir mes préparatifs de mariage et comme mes invités ont reçu les faire-part, je peux vous les dévoiler.

J'ai pris beaucoup de plaisir à les créer, m'inspirant de sites américains et français, de pinterest et Etsy.



Le faire-part :


La time-line / feuille de route :


(Les dessins sont de Kate Gabrielle, une dessinatrice anglaise.)



Et la carte-réponse :

 recto :

verso :




Pour le traiteur, nous avons choisi de faire un cocktail et dîner autour d'un buffet. Nous passerons par Prêt à recevoir :


C'est aussi joli que bon, les saveurs sont super équilibrées, c'est à la fois assez simple et délicieux.




Les tenues des minouches ont été choisies chez Vertbaudet :

Clara :


Auguste :



Clara aura un headband fleuri dans les cheveux qu'on lissera exceptionnellement pour l'occasion (je crois que c'est ce qui la rend le plus impatiente !).




Quant au lieu, il me fait rêver depuis que je suis ado : une villa appartenant à la cousine de ma Grand-mère, avec une très belle terrasse, un grand parc, en plein coeur d'un bois. Elle date de 1914, avec un carrelage ancien, un très bel escalier, deux grandes salles de réception... mais comme pour ma robe, les idées-déco, les cadeaux aux invités et les alliances, il faudra attendre que le mariage soit passé pour la voir en photo, je sais que certains de mes amis lisent mon blog !





samedi 16 mars 2013

Mars 2013


  À plusieurs reprises, j'ai voulu mettre des mots sur les dix jours parisiens que j'étais en train de vivre mais les émotions restaient trop vives, intraduisibles de leur existence. J'avais besoin qu'elles deviennent souvenirs pour les raconter. J'écris pour ne pas oublier le temps de mes vingt-cinq ans, les années folles de ma jeunesse, ma vie à mille à l'heure qui un jour, peut-être, ralentira avec sérénité. Je veux pouvoir me rappeler les beaux jours, les belles personnes, la vie.

  Tout a commencé par un gâteau poire-caramel grignoté dans son canapé noir, ses sourires et sa force, mes deux amies près de moi, les mots qui nous manquaient mais nous étions ensemble et c'était là le principal. Paris sous la neige était gris, j'avais du mal à reprendre mes repères dans cette ville pourtant quittée quelques semaines plus tôt seulement. Dans les bouchons pour rejoindre le sud de la banlieue parisienne, la voix de Stéphane Hessel m'interpelait, le doux soufflement des enfants assoupis rythmant la monotonie du périphérique. 
  Chez mes parents, je retrouve l'odeur du thé et du pain d'épice, la douceur des draps fraichement lavés, la chaleur des plaids et de la tisane qu'on accompagne de gros carrés de chocolat le soir. J'aime les voir heureux dans leur vie à deux après avoir passé vingt-cinq ans à élever un, puis deux, trois et quatre enfants joyeux braillards, pas toujours faciles mais avec de vraies racines pour bien démarrer leur vie d'adulte, et j'espère que je saurai, moi aussi, donner à mes enfants cette possibilité-là. 
  Lors d'un déjeuner chez mon amie Gaëlle, nous discutons cheveux, enterrement de vie de jeune fille, mecs et boulot, on décide qu'elle me fera un tie and dye avant que je reparte - bon, ça ce n'était pas l'idée du siècle en fait, j'en voulais un depuis longtemps mais je crois que c'est vraiment mieux sur les cheveux un peu plus courts que les miens - et puis en vitesse, je file déposer les enfants à mon beau-frère et fonce vers Paris pour rencontrer la couturière qui s'occupera de ma robe de mariée. Je ne sais pas encore à quel point je serai séduite par cette femme si généreuse, comme on se comprendra à demi-mots et qu'après quelques minutes de discussion à peine, Marie dessinera LA robe dont je rêve, ravie et complètement emballée par celle-ci - elle me confiera même que de toutes les robes créées, c'est sans doute sa préférée.

  Je me marie dans quatre mois, je n'avais pas vraiment réalisé jusqu'à ce jour le peu de temps qu'il me restait pour préparer cet événement. Brusquement, l'euphorie et le stress m'envahissent. Je crée des listes à rallonge pour me rassurer, je passe des dizaines de coups de téléphone, je ne laisse plus trop de place au rêve mais je savoure chaque préparatif, bien plus que je l'aurais imaginé. Chaque détail compte et je voudrais que tout soit parfait, que ce mariage nous ressemble et soit généreux.

  Les jours suivants, j'enchaîne les repas entre amis, un resto-concerts entre deux répèts de mon amie comédienne, un brunch où mes amies m'incitent à créer notre blog-mode, les cafés-tuiles aux amandes au coin de la cheminée, un goûter chez Solène où j'observe mon grand bébé de deux ans très intrigué par l'oisillon que mon amie a mis au monde il y a cinq mois. Ces moments sont ponctués par des discussions chiffons-chignons-fanions et je suis touchée, émue même, par la joie et l'excitation de mes amis lorsque l'on parle de notre mariage. Le soir, chez mes parents, j'enfonce la sourdine du piano pour répéter un morceau de Delerm pour faire une surprise à mon amoureux ce fameux jour, parfois interrompue par ses appels pendant lesquels il me fait toujours rire, mon fou à lier, mon allié fou.

  Au bord de la mer, le mois de mars a commencé par une pluie de grêlons. Avec les enfants, nous nous réfugions au salon de thé après le cours de danse de ma grande fille et je sens portée par tout le bonheur ressenti pendant dix jours. Mars ne pourra qu'être wonderful si je garde cette douce ivresse en moi.

  Dans huit jours, j'aurai vingt-six ans et j'espère pouvoir me relire un jour disant que ce fut un bel âge.

vendredi 22 février 2013

Je t'aime M.





  J'étais en classe avec les CP-CE1 quand Amandine m'a envoyé un message pour me demander si elle pouvait passer dîner à la maison avec un ami. Le triple i de mon ouiii, évidemment témoignait de mon enthousiasme et j'ai pensé que quelques mois plus tôt, l'improvisation de ce dîner m'aurait stressée plus qu'autre chose, même si Amandine me connaît par coeur et que l'amitié qu'elle me porte ne dépend pas d'une soirée parfaite d'un point de vue gastronomique. Lourde auto-pression du quotidien d'assurer, toujours, quelques soient les situations, que je me trimballais depuis des années. J'ai aimé cuisiner rapidement une tarte aux poireaux tandis qu'on bavardait de tout, de rien, des amis, de nos quotidiens, de Nantes, de stages, des personnes qu'on a du mal à cerner parfois et à nos âges c'est un peu déstabilisant, malsain même disait mon amie. J'ai aimé cette simplicité nouvelle, je me suis trouvée grandie et je crois que ça m'a fait du bien. Pendant cette même soirée, Auguste a trouvé dans une boîte où je garde des photos pour les classer (un jour quand j'aurai le temps, vous savez...) deux photos de moi il y a quelques années, peu avant et peu après la naissance de Clara. J'étais si jeune. Je les ai posées sur mon bureau en me disant qu'un peu d'indulgence avec moi-même, c'était aussi ça grandir, et que la petite sur les photos, elle ne s'en était pas si mal sortie après tout.

  Le lendemain, en sortant de l'école, j'ai récupéré les enfants et nous sommes allés affronter le vent glacial du bord de mer. Les grandes marées avaient déposé sur le sable mouillé des tonnes de bois flotté ; Clara et Auguste grimpaient sur les plus grandes branches, petits aventuriers d'une fin d'après-midi d'hiver. Ils étaient beaux mes enfants, leur teint caramel sous ce soleil et ce ciel bleu-gris que j'aime tant, si typique de notre nouvelle vie ici, leurs rires qui faisaient écho aux doux soupirs des vagues. Je crois bien que c'est ce soir-là que j'ai attrapé froid, mais que c'était bon de les voir si heureux.

  Plus tard dans la soirée, j'ai pensé à une de mes meilleures amies qui vit le moment le plus horrible de sa vie, probablement, et j'ai culpabilisé comme jamais d'être si loin d'elle, si impuissante. C'est elle qui m'a rassurée et je me suis trouvée tellement nulle face à ces rôles inversés. Je me suis rendu compte à quel point on ne peut imaginer la douleur de perdre un être cher lorsqu'on ne l'a pas vécue et la tristesse de mon amie m'a remplie de chagrin, alors que bordel, ce n'est pas à moi de me plaindre. J'ai compté les jours me séparant d'elle, si pressée de pouvoir la serrer contre moi, lui dire que je suis là, que je le serai toujours. Il était encore un peu plus tard lorsque j'ai enveloppé mon corps tremblant de la couette liberty et que j'ai fermé les yeux pour quelques heures. Quand je me suis réveillée, j'avais les pieds gelés et j'étais transie de froid. Mon amoureux m'a préparé un café brûlant pour m'aider à sortir de ce lit qui ne jouait pas son rôle réconfortant mais mes jambes flanchaient beaucoup trop. Par je ne sais quel miracle, j'ai tout de même réussi à rejoindre la salle de bain, habiller les enfants, les déposer à l'école et chez la nourrice et je suis retournée m'effondrer dans les draps tièdes, dans la semi-obscurité de notre chambre au mur bleu tacheté des rayons de soleil matinaux, le cri des mouettes pour berceuse, la grippe pour dompter mes songes.

jeudi 14 février 2013

E.

Merci, merci,    m e r c i  pour vous gentils mots, pour votre bienveillance, pour vos sourires ; mon post est conservé précieusement à l'abri des regards. Je suis contente de l'avoir partagé un petit temps avec vous.


Merci mille fois,

pour vos gentils mots, pour vos témoignages, pour votre bienveillance, pour vos sourires ; mon post a retrouvé son intimité, juste pour nous. Je suis contente de l'avoir partagé un petit temps avec vous.



vendredi 1 février 2013

Les folles journées.





Lundi.
« Je sais que vous vous posez la question, la réponse est oui. »
J'ai éclaté de rire quand Paul est venu me voir après les cours, un sourire malicieux et satisfait sur les lèvres. 
« Je suis au courant Paul, je peux même te dire depuis quand. 
- Mais comment vous avez deviné ? »
Cette fois, c'est lui qui a ri quand j'ai répondu que dans un passé fort lointain, j'avais moi aussi eu quatorze ans et préféré poser mes yeux sur les beaux mecs de la classe plutôt que sur les énoncés des exercices.
  Ce lundi avait été une belle journée, une chouette journée. Le matin, j'avais eu un fou-rire en observant mon Augustrouillard s'approcher peureusement, l'oeil dubitatif, du pull que je venais de lui acheter. Clara l'encourageait à l'enfiler et après quelques minutes d'hésitation, il avait fini par adopter son ours féroce en poussant des hurlements dans tout l'appartement. À l'école, la moitié des élèves de 6e-5e étant malade, j'avais été contrainte d'annuler l'évaluation prévue et Oscar avait proposé de nous prêter son Ipad pour regarder Du vent dans mes mollets. J'avais adoré entendre leurs rires d'enfants plus tout à fait enfants mais pas encore ados, pliés devant l'effronterie de Valérie mais pas encore assez grands pour comprendre pourquoi les dialogues des adultes m'amusaient tout autant. L'heure suivante, les 4e-3e m'avaient surprise en s'essayant à la production de poésie lyrique, m'accordant leur confiance dans l'écriture de leur intimité, leur bras protégeant leur copie des regards indiscrets des copains. 



Mardi.
  La baby-sitter venait de partir et les enfants s'étaient endormis très rapidement. On était blottis dans le canapé, l'un contre l'autre, lui regardant le journal télévisé de la nuit, moi parcourant le dernier Télérama, quand un chant de joie m'a fait lever les yeux. Une femme malienne retirait le voile qui emprisonnait son visage, le sourire aux lèvres et l'oeil rieur. Un vieil homme grattait les cordes d'un instrument en bois et sifflait quelques notes pour accompagner la mélodie. "C'est fou, quand même, les différences entre les sociétés. Ici, on est menés par l'argent, on rêve d'exposer sa réussite financière aux yeux de tous... et eux, ils demandent juste la liberté et savent s'en contenter durablement." m'a glissé mon amoureux en me serrant un peu plus fort contre lui. J'ai acquiescé en silence mais quand mon regard s'est posé sur les sacs encore remplis d'habits neufs acquis le week-end précédent, je me suis sentie un peu comme dans la chanson de Bénabar où un type dénigre la société de consommation et l'impérialisme américain en buvant un Coca Light.
  J'ai quitté le canapé pour préparer mes séquences et comme trop souvent, je me suis laissée distraire par internet. Un texte lu sur un blog m'a rappelé un début de nouvelle que j'avais écrit quelques années plus tôt, abandonné parce que je n'arrivais pas à me satisfaire de mon écriture. J'ai cherché rapidement dans les dossiers que je n'ouvre plus et j'ai aimé ce que j'ai lu, malgré les fragilités et les maladresses. Un jour, peut-être, j'y ajouterai de nouveaux mots.



Mercredi.
  La route qui menait vers la grande ville était embouteillée. J'écoutais Carrefour de Lodéon en direct depuis Nantes et souriais de savoir que quelques kilomètres seulement me séparaient des musiciens. C'était la folle journée et je pensais à mes grands-parents probablement assis face à l'orchestre qui jouait le Cantique de Jean Racine de Fauré - celui qu'on a chanté pendant presque un an ma mère, mes tantes, ma cousine, mes soeurs et moi -, mes grands-parents venus la veille jusqu'au bord de la mer pour découvrir notre appartement aux murs en camaïeu de bleus et notre restaurant préféré. Il faisait beau, Auguste s'était assoupi et Clara chantonnait l'hiver de Vivaldi alors j'ai coupé France Inter pour mettre les quatre saisons et on s'est tues pour savourer les crescendos si bien maîtrisés. Le long des routes, le soleil se reflétait dans les marais et je me suis entendu penser à voix haute qu'on avait de la chance d'avoir osé quitter la banlieue parisienne pour une si belle région. Soudain, Clara m'a avoué doucement : « Maman, tu sais, quand j'ai pris des haricots verts au restaurant l'autre jour, c'est parce que je voulais que tu voies que je suis grande. ». J'ai souri en jetant un coup d'oeil dans le rétroviseur pour observer ses petits sourcils froncés. Il y a eu un silence, et elle a ajouté : « Mais quand même, je crois que la prochaine fois, je prendrai des frites. ».



samedi 26 janvier 2013

Les favoris.




 Ok, ok, ce n'est pas pour tout de suite mais en ce moment, je suis inspirée*. Mon amoureux se fiche complètement de la Saint-Valentin, moi non,  j'ai mis des années à lui dire - il fallait déjà que je me débarrasse du complexe "non mais je sais bien qu'au fond c'est purement commercial mais quand même on aime bien" - , ce à quoi il a rétorqué que fêter notre rencontre quatre jours plus tôt avait bien plus de sens et j'avoue que je n'ai rien trouvé à redire. Alors tant pis, je gribouille des cartes pour les autres, mais peut-être qu'il en aura quand même une quatre jours plus tôt, pour nos 10 (DIX !) ans.

  La vie à l'école est un peu dingue en ce moment. Dans la salle des profs, on discute en partageant un thé noir réconfortant, on se marre en s'avouant nos addictions respectives, on échange des idées de séquences, on parle des élèves qui nous posent des difficultés en se disant que quand même, ce serait bien qu'on arrive aussi à trouver le temps de parler des élèves pour qui tout va bien (ou semble aller bien parce qu'au fond, on n'est jamais vraiment sûrs). On aborde aussi des sujets plus graves qui ne font rire personne, le déni de grossesse,les adolescents malheureux, la maladie, et puis c'est l'heure de reprendre alors on se sépare dans les petites salles de classe. 
  Les quatrième étaient très énervés ce vendredi et j'ai compris très vite qu'on allait passer une partie de la séance à parler d'autre chose que de poésie lyrique. Il faut dire que si Baudelaire les fait marrer - parce que c'est un peu chaud quand on lit entre les lignes, et qu'à quatorze ans, quand c'est un peu chaud, on rit parce qu'on ne sait pas trop comment réagir autrement -, étudier les alexandrins et les sonnets, ça les motive très moyennement. Je les ai écoutés, je crois qu'ils avaient juste besoin de ça, être écoutés, lâcher ce qu'ils avaient sur le coeur, et puis finalement ça n'a duré que quelques minutes et on a pu reprendre notre séance sur le lyrisme. Je leur ai donné les paroles de chansons contemporaines - Gainsbourg, Biolay, Grand Corps Malade - pour qu'ils comparent les thèmes et l'écriture aux poésies étudiées. Ils ont détesté Biolay et j'ai ri en les accusant de ne pas savoir apprécier les belles choses. Pendant qu'ils lisaient Rencontre, je les observais, Paul et ses joues qui rosissaient quand son regard croisait celui de Johanna, Simon si battant contre sa dyslexie, Eugène étonnamment concentré pour une fois, et puis Thomas et son regard si triste, Thomas qui se pose mille questions à la seconde et qui n'arrive pas à être bien dans son corps, bien dans sa tête. 

  J'ai retrouvé mes enfants après l'école. Auguste s'est serré contre moi un long moment, il m'a lancé ce regard que j'aime tant, mélange de Mais pourquoi tu as passé ta journée loin de moi et c'est si bon de se retrouver. Clara m'a montré sa dent tombée, je l'ai entendue s'interroger sur l'existence de la petite souris, évidemment c'est les parents en fait, comme le père-Noël, d'ailleurs j'ai très bien entendu Marushka remercier Mamisa pour ses cadeaux à Noël alors tu vois ?. J'ai regardé ma fille, son air qui semblait supplier d'y croire encore un peu, ses paroles-test pour se rassurer elle-même. Alors Maman, t'en penses quoi toi ? J'ai répondu que le père-Noël et la petite souris existeraient tant qu'elle aurait envie d'y croire et elle a acquiescé en souriant. J'avais envie de susurrer tout bas Ne grandis pas trop vite mon amour et j'ai serré sa main fort dans la mienne.

  C'est son cri de joie qui m'a réveillée ce matin. La petite souris était passée dans la nuit.




* Elles vous plaisent ? Vous pouvez les retrouver dans les jolies surprises en taille réelle.

NB : Les prénoms de mes élèves ont été modifiés.



mercredi 23 janvier 2013

Des jours d'hiver.

Grandis, mon bébéloup, nous veillons sur toi.

  Chez Marie et Amine, la cuisine est ouverte sur le salon, les meubles anciens sont chaleureux et il y a le tout petit bonhomme de neige de Tao et Lila sur la terrasse en bois. C'est une drôle de maison avec plein de petites pièces partout - ils l'ont choisie pour ça il y a huit ans, aujourd'hui ils regrettent un peu - une maison de banlieue nantaise, paisible et lumineuse. 
Marie prépare le filet mignon tandis que je découpe des cubes de cake pour l'apéro. Dans la pièce d'à côté, nos amoureux parlent de développement-web, on n'en entend que des bribes auxquelles on ne comprend rien mais leurs éclats de rire réguliers sont contagieux. On discute des enfants, de la difficulté de les comprendre et d'être de bons parents parfois, de quand il faut punir ou non et de ce qu'il se passe dans la tête de nos enfants et qu'on ne peut pas empêcher de toute façon. On dévie sur nos envies de femmes pas seulement mères même si c'est pas facile de toujours tout concilier. Marie est traductrice, elle rêve d'être prof. Moi je suis prof et je ne suis pas convaincue que ce soit le métier qu'il me faut.

  La nourrice d'Auguste était en formation lundi et mardi alors on a inscrit notre petit bonhomme à la halte-garderie. J'étais terrifiée à l'idée que mon bébétimide n'éclate en sanglots au moment où je l'y laisserais. Le béguin à oreilles sur la tête, son Samsam dans une main, il m'a suivie dans les rues silencieuses des matins d'hiver, ses pas dans les miens, nos doigts entremêlés. Je m'entendais lui répéter "tu vas voir, ça va être super", je ne sais pas bien qui je cherchais à convaincre au fond. La porte s'est ouverte et le sourire de la puéricultrice a su donner confiance à mon bébé. Il a lâché ma main pour aller s'installer près de la bibliothèque et j'aurais adoré rester là, dans l'ombre du couloir, à le regarder vivre sa vie loin de sa maman - je l'avais trouvé si grand soudain - mais le temps filait alors j'ai déposé ses affaires et je suis partie, rassurée.

  E. a commencé un nouveau boulot avec des horaires de dingue, il s'éclate et même si j'ai parfois l'impression qu'on ne fait que se croiser, je suis heureuse pour lui. Il n'est pas toujours très attentif à mes histoires d'école, mes interrogations existentielles, mes essais graphiques, mais il me fait rire quand il me demande de valider ses tenues vestimentaires tous les matins - et il est sacrément beau mon mec, quand il fait un peu gaffe à lui -, et il me fait sourire quand il m'envoie des textos dans la journée, pour rien, comme ça, parce qu'il pense à moi. 

vendredi 18 janvier 2013

Vingt-quatre mois.



Les gouttes de pluie sur nos visages l'attente dans le couloir la douleur supportable puis déchirante l'instinct animal et les sensations nouvelles les cris l'étourdissement la gentillesse de la sage-femme le ciel bleu nuit et le lever du jour mes jambes tremblantes comme des feuilles sous le vent d'hiver ton regard profond la bouffée d'amour enivrante ressentie les larmes dans ma gorge tes lèvres sur mon sein ta tête dans mon cou ton corps chaud sur le mien ton odeur de crème ta peau caramel au beurre salé tes cheveux soyeux noirs de jais. Le faire-part bleu avec le dessin de ta grande soeur et les mots qu'on avait choisis avec ton papa l'attendrissement des copains et de la famille l'émerveillement de ta soeur les heures à te regarder dormir en me régalant les nuits en pointillés les réveils trop matinaux les sourires les larmes l'opération qui nous avait fait si peur la chambre d'inhalation qui nous impressionnait ta tranquillité tes premiers pas ton rire la chute dans l'escalier et nous tétanisés ta joie de vivre ta passion pour les louuuups et pour les photos ta voix quand tu chantes la cicatrice sur ta joue gauche ton admiration pour ta soeur tes dacco' qui nous narguent ton espièglerie et tes baisers les plus doux du monde.

Deux ans à t'attendre, deux ans avec toi. Bon anniversaire mon Auguste d'amour.



dimanche 13 janvier 2013

C'était une jolie semaine.




C'était une jolie semaine ; une semaine où mes élèves m'ont beaucoup fait rire et sourire, une semaine où j'ai dépensé trop d'argent (mais ces low boots à 50% en valaient le coup non ? Et les trois autres paires aussi, si si je vous l'assure !), une semaine où j'ai avancé dans les préparatifs du mariage en me demandant ce que le gouvernement attendait pour faire, enfin, la proposition de loi que je souhaite depuis des années, une semaine où je me suis découvert une véritable passion pour les collants fantaisies mais je sens que ça va me revenir cher, cette histoire-là, une semaine où j'ai enfin trouvé le temps de poster mes craft it forward avec la petite appréhension qu'on a quand on offre du fait-main, une semaine où j'ai pris de nouveaux billets pour Paris pour dîner avec des copines-de-blog (mais pas que) et rencontrer une couturière extrêmement douée, une semaine où un 4ème m'a dit que grâce à moi, il commençait à aimer lire, une semaine où Clara m'a épatée en écrivant son premier poème et où Auguste s'est montré égal à lui-même, épuisant mais tellement attendrissant ! Je suis fatiguée mais ravie... et dire que demain, c'est déjà lundi ! Je vous souhaite une très belle semaine.



mercredi 9 janvier 2013

Sept choses sur moi.


  Je suis très réservée mais quand je donne mon amitié, je le fais à fond, ce qui m'a valu quelques déceptions mais surtout de très belles et longues relations. / J'ai fait la connaissance des filles qui sont sur cette photo quand j'étais en seconde, lors d'un voyage scolaire à Venise. On avait loupé le vaporetto et on s'est retrouvées toutes les quatre sur le quai, bien plus amusées qu'angoissées par la situation. On a pris un vaporetto qui allait dans un autre sens et on a passé une journée à faire connaissance. Dix ans plus tard, il n'y a pas un jour où on n'échange pas un mail ou un message, pas un passage à Paris sans les voir, pas un instant où je ne me dis pas que j'ai de la chance de les avoir. / Le même mois de la même année, j'ai rencontré mon amoureux. Il m'a fait croire qu'il aimait l'art contemporain pour me séduire et ça a marché. / Je manque terriblement de confiance en moi. Il y a des jours où croiser mon reflet dans le miroir me fiche le cafard, au point que lorsque l'on me dit que je suis jolie, je n'arrive pas à y croire. Il me semble que déjà petite, c'était comme ça, alors j'essaye de faire avec (et même parfois, très très rarement mais quand même, j'arrive à me dire que ce n'est pas "si pire"). / Je suis complètement accro au chocolat, je peux manger une tablette par jour sans en être écœurée. J'ai bien conscience que ce n'est pas sain et que je devrais manger plus équilibré mais je rachète mes tablettes toutes les semaines. / Dans le même style, j'ai acheté un tapis de yoga en septembre dernier pour reprendre une pratique quotidienne. Il est toujours emballé, dans le sac Décath*lon, sous mon bureau. / En ce moment, j'ai très très très envie d'un troisième enfant, mais il vaut mieux être raisonnable et attendre un peu.

 Voilà, ça fait sept ! Merci Nazca de m'avoir proposé ce petit jeu. Et vous, vous me racontez quelque chose sur vous ?



PS : Un grand merci pour vos petits mots sur mon dernier post, tous vos voeux m'ont vraiment beaucoup touchée.
PPS : Je garde encore un peu Thomas Dutronc dans le lecteur, je ne me lasse pas de cette chanson, elle me donne envie de danser !

mardi 1 janvier 2013

Hello 2013 !


  On a crié bonne année et des cotillons de toutes les couleurs se sont envolés partout dans la salle, les coupes se remplissaient de champagne, on a trinqué à la nouvelle année, on s'est souhaité le meilleur en le pensant sincèrement, on a embrassé des inconnus, on a ri avec eux, on s'est laissés entraîner sur la piste de danse pour faire quelques pas avec ces mêmes personnes qui étaient en train de devenir des potes. On était là et on était bien, dans cette salle chez les parents de mon amie où j'avais passé plusieurs soirées lors de mon adolescence à danser sur la Macarena et Ces soirées-là, redoutant de ne pas être invitée pendant les slows, la montre au poignet pour me rappeler de ne pas dépasser la permission de minuit et les ampoules de couleurs clignotant partout. On était là, on était bien, et j'ai pensé que c'était fou la vie, le temps qui glisse, mes vingt-cinq ans dont presque dix aux côtés de mon amoureux et de mes meilleures amies. Folie de tout ce qu'on n'a pas encore vécu, des bonnes et des mauvaises surprises, de l'espoir qui guide nos pas chaque jour, de l'amitié et de l'amour qui nous portent, des souvenirs qui se créent, qui partent et qui reviennent comme des boomerangs, des visages qu'on redécouvre, de la force dont on ne soupçonnait pas l'existence et qui est pourtant ancrée en nous. Folie de cette possibilité d'avoir des enfants et de les regarder vivre et s'étirer vers le ciel tout en se créant des racines, folie de leur insouciance et de nos responsabilités. Folie de nos soirées entre filles et de nos balades de nuit dans le Paris des touristes, folie des déjeuners comme au bon vieux temps avec Pauline et des bonbons imaginaires offerts par la plus si petite B., des mails échangés, des relations et des amitiés qui naissent. Folie de mon amoureux qui saute de joie après un coup de fil inespéré, des dîners improvisés chez nos amis et de nos coeurs battant plus fort rien qu'à l'idée de les voir. Folie des horoscopes qui disent tous que 2013 sera une année de folie pour les Béliers, et bien sûr qu'on n'y croit pas, mais bon on y croit un peu quand même. Bye bye 2012, hello 2013, and welcome.

vendredi 21 décembre 2012

6

Devant l'objectif de Claire, sous le bras délicat de mon amie S.

Quand j'étais enceinte de Clara, je me demandais tout le temps comment serait cette petite fille, si elle me ressemblerait physiquement, si on aurait les mêmes goûts, le même caractère. Je savais bien qu'au fond ça n'avait pas d'importance, que je l'aimerais forcément. Oui mais quand même, je dois bien l'avouer, j'adore quand on me dit qu'elle a mes yeux et mes fossettes, et quand je la vois se balader au centre Pompidou comme si c'était chez elle, reconnaissant parfaitement les Picasso, les Braque, les Delaunay, les mobiles de Calder et la fontaine et autres ready-made de Duchamp. Et puis en même temps, j'adore aussi qu'elle se passionne pour la danse classique alors que j'ai fait 8 ans de basket, qu'elle ait envie de se mettre à la guitare alors que je joue du piano, et qu'elle préfère la cuisine ivoirienne de son père à celle que je fais. Ma Clara, c'est la gentillesse incarnée, le regard malicieux et futé, et puis surtout une grâce de danseuse que je n'ai pas ! Ma Clara a six ans aujourd'hui et ça fait autant d'années que je me régale à la regarder vivre.




On file à Paris dès ce soir alors j'en profite pour vous souhaiter de très belles fêtes de fin d'année
Merci pour vos visites et petits mots laissés ici, ils me font tous infiniment plaisir vous savez. 
Restez aussi chouettes en 2013, c'est tout ce que je vous (et me !) souhaite !

jeudi 20 décembre 2012

« Oh, oh ! »


dit mon petit garçon quand il a fait une bêtise, et en ce moment, ce « oh, oh ! », on l'entend très très très régulièrement. Souvent, il est précédé d'un « d'accooo», qui contrairement à ce que l'on pourrait croire ne signifie nullement « d'accord » mais plutôt « je vous ai parfaitement entendu Papa et Maman mais je ne compte pas du tout arrêter de sauter sur le canapé/vider l'eau du bain pour arroser le carrelage/enlever tous les livres de la bibliothèque pour jouer aux kaplas géants. ». Heureusement pour lui, ou heureusement pour nous, ce petit garçon a aussi le sourire le plus craquant du monde, celui qui nous empêche de rester fâchés longtemps contre lui.

  Aujourd'hui, j'ai réalisé que ça faisait longtemps, plusieurs années je veux dire, que je n'avais pas été soucieuse à l'approche de Noël et de la nouvelle année. Plusieurs années aussi que je me demande si l'année à venir sera plus douce, plus sereine. Non pas qu'on soit malheureux, mais en ce moment ce n'est pas très facile et même si on essaye de rendre le quotidien léger, on aimerait bien que la roue tourne comme dirait une de mes meilleures amies.

  Les amis, justement, si importants dans notre vie, ceux-là - les vrais, vous savez, ceux qui vous appellent avant même que vous leur ayez dit que ça ne va pas fort, ceux qui vous font mourir de rire le matin en vous racontant qu'ils ont envoyé un texto un peu hot en se trompant de destinataire, ceux qui partagent avec vous leur quotidien à plusieurs centaines de kilomètres pour garder ce lien magique qui nous unit depuis plusieurs années - ceux-là donc, j'aimerais les garder près de moi en 2013. Mon amoureux aussi, évidemment, et puis des enfants en bonne santé et toujours aussi chouettes. En fait, garder presque toute ma vie je crois, mais juste avoir un peu plus de sérénité, moins de "pas d'bol" qui tombe du ciel. C'est possible vous croyez ? 



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PS : À celles qui demandaient, Clara et moi avons été partagées sur Ernest et Célestine dont vous pouvez lire ma critique plus complète ici.


PPS : Sab, Round-Circles, Solène, Amélie et Mélanie, j'ai fini vos Craft it forward ! J'attends vos adresses par mail pour vous les envoyer.