mercredi 10 octobre 2012

Pourtant Paris...



Paris. 
Les longues minutes de RER pour y accéder dont les vitres laissent apparaitre ce décor qui inspire tant Olivier Adam. Les couloirs du métro aux affiches de toutes les couleurs et à l'odeur de pisse. L'appartement tout doux à l'image de mon amie Solène, les délicieux macarons bicolores d'Audrey, le carrot-cake impeccablement épicé de Karine, et bien sûr le tout petit L., oisillon de trois semaines qui épuise sa maman mais la rend folle amoureuse. Le trajet et les confessions avec Audrey, pas celle aux macarons, l'autre Audrey, celle avec qui j'aimais prendre un café après le boulot quand j'étais encore parisienne. 


Issy.
Le deux-pièces dont la déco semble tout droit sortie d'un hôtel de luxe. La complicité entre mon frère et la petite fille dont il s'occupe le soir, cette petite fille que je connais bien pour avoir été son enseignante, cette petite fille qui n'a jamais cessé de m'épater. Les adorables attentions de mon frère, la douche à l'italienne, le tourne-disque et les vinyles, la vue sur la Tour Eiffel qui scintille. Le pantalon trop grand de ma soeur qui oublie parfois de manger, les nouvelles lunettes 70's de la petite dernière qui réussit merveilleusement bien sa khâgne. La mélancolie de mon beau-frère qui me serre le coeur. Le poulet au lait de coco, le vacherin qui fond trop vite, le croissant et les petits mots quand je me réveille.


Paris.
Le métro interminable pris à l'envers, le sourire de l'homme qui fait la manche quand je lui offre un paquet de galettes bretonnes, la boulangère qui me donne 6 chouquettes quand je lui en demande pour trois personnes, mes pas dans cette rue que j'aime parce qu'elle abrite une personne (très) chère à mon coeur. L'odeur des oeufs et du bacon, des viennoiseries et du chocolat chaud, les rires de mes amies, le temps qui glisse entre nos doigts, l'ordinateur portable et les larmes de la quatrième du groupe, nos sourires pour ne pas montrer qu'au fond de nous, on ne fait pas les fières. Les pavés du centre Pompidou, la nouvelle organisation de la collection moderne et contemporaine qui m'interroge parfois mais me séduit indéniablement, le starbuck bondé et nos prénoms sur les verres en carton. Les ballons de toutes les couleurs sur la porte de l'immeuble, mon arrivée au milieu d'un anniversaire d'enfants et nos retrouvailles au goût doux et sucré de la surprise et de la joie. La nuit quand j'en ressors pour rejoindre le 9ème, le gaspacho et les gressins, les livres partout dans la petite pièce, les lumières des appartements qui éclairent Paris dans sa robe bleue marine, et puis les escalators dévalés à toute vitesse, mon souffle qui souffre et mon coeur qui s'emballe puis s'apaise dans le tgv, Télérama sur mes genoux, Paris qui disparait peu à peu derrière les vitres froides.


Ici.
Les deux petits corps chauds roulés en boule quand je rentre dans l'appartement plongé dans le noir, le grand corps tendre qui somnole dans notre lit. Les deux petits qui s'étirent vers le ciel chaque jour qui passe. Ma danseuse qui s'approche du bureau où je travaille et que j'entends dire : "la vie est trop courte pour être petite", comprenant soudain qu'elle déchiffre une carte affichée au dessus de l'ordinateur. Mon tout petit intrépide qui grimpe partout, saute de sa petite table en s'accrochant aux guirlandes de papier mais reste effrayé par le loup en pop-up du livre que lui a offert mon frère. C'est très étrange de voir son bébé si sage se transformer sous nos yeux impuissants en terrible two qui n'en fait qu'à sa tête et chantonne non non non noooon toute la journée... Ma réflexion professionnelle qui avance pour finalement revenir à cette idée eue il y a quelques années. Ce n'est pas pour tout de suite, mais je crois bien que cette fois, je suis prête.




 



  La première fois que j'ai entendu ce morceau, c'était par erreur. Je voulais faire écouter le "clair de lune" de Debussy à mes élèves et j'ai sélectionné la mauvaise piste. Je suis tombée amoureuse de ce passepied et depuis sa mélodie accompagne mes jours.




8 commentaires:

  1. J'aime vraiment beaucoup te lire, et la musique, ah! Bon mercredi!

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  2. C'était un bonheur de t'avoir à Paris le temps d'un aprem. Et maintenant, profite de la mer pour nous :)

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  3. Et la joie pour nous de t'avoir et te voir un moment et de passer quelques heures avec ton amoureux et tes minots.

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  4. Aurions nous la même carte postale... Elle trône au-dessus de mon petit bureau et j'en fais un art de vivre... Jolis mots...

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  5. La musique va bien avec tes mots.

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  6. une jolie escapade, tellement bien soulignée par la musique!

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  7. Moi aussi j'aime beaucoup te lire, tes textes dégagent quelque chose de très calme et joyeux et vif et clair à la fois. Ca s'accorde à merveille avec la musique, qui d'ailleurs me faisait revenir ici, je voulais la faire écouter à mon chéri parce que je l'aime beaucoup. Merci de l'avoir déposée ici !

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  8. Les escapades sont un drôle d'entre-deux que je sens bien à te lire : joie et mélancolie confondues. Même sensation quand j'arpente à nouveau les rues de Toulouse où on ne met pas 6 chouquettes dans une poche pour 3 personnes. Ah ! cette petite annecdote m'a fait rire !
    Quant au terrible two, on est dedans nous aussi avec Salomé qui parfois se met à crier Nooonnn, à s'échapper, à frapper la main qu'on lui tend... Et puis, d'autres fois, calme plat.

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