mardi 27 août 2013

Nous sommes de l'étoffe dont sont faits les rêves.


  C'était l'été, ici et ailleurs, c'était l'été qui doucement semble annoncer l'arrivée prochaine de l'automne, le chemin de l'école et les feuilles qui changent de couleur. C'était l'été parisien des expositions Nouvelles Vagues, Ron Mueck et Altérité en tête à tête avec mon amoureux, ma grande fille ou ma meilleure amie, l'été des discussions sur Frantz Fanon, Thomas Sankara ou Angela Davis dans le jardin de banlieue, la cuisine antillaise aux mille saveurs, les goûters avec mon aînée, les cocktails et le rosé, le métro désert du mois d'août, les secrets échangés au Starbuck, le mail inattendu d'un ami d'il y a longtemps.




  C'était l'été du Luberon, l'ombre des remparts, les pièces de théâtre, Eva Doumbia et son adaptation de Blues pour Elise, les verres en terrasse, les traces de maillot sur les corps bronzés de mes enfants, l'ocre des carrières sur leurs joues de petits Indiens, les jeunes auto-stoppeurs venus d'Allemagne à vélos, les glaces qui fondent trop vite et nos langues sur nos bras sucrés, les couches qu'on n'achètera plus, les doigts de mon fils sur le piano, l'exposition des Papesses, les soldes chez Monoprix, les fous-rires avec mon amie d'enfance qui vit maintenant aux USA, les parties gagnées au poker et au scrabble, les cahiers qui se remplissent à toute vitesse au fil de mes lectures, à l'abri de la chaleur, dans le fauteuil rouge de la médiathèque. 






  C'était l'été du bord de mer, les pique-niques sur la plage de Ste Marie, le Voyage à Nantes, les cafés avec les collègues-copines, l'étang aux canards, Claude Ponti au jardin des plantes et Felice Varini au HAB, la robe aux étoiles déchirée par une chèvre, les petits-déjeuners préparés par ma grande fille, les spectacles sur le front de mer, l'abonnement au cinéma d'art et d'essai. C'était l'été de l'apprentissage, apprendre à se connaître, apprendre à accepter de laisser le passé derrière, apprendre à faire confiance à l'avenir, apprendre à se satisfaire, apprendre à faire le deuil d'une relation peut-être fantasmée - on ne peut pas être ami avec tout le monde. 




   C'était l'été des play-list tout droit sorties des années 2000, comme si pour avancer, il fallait me souvenir de qui j'étais, à défaut de savoir réellement qui je suis. C'était l'été de la concrétisation, des idées qui trouvent leur place presque naturellement dans ma tête et sur mes carnets, des projets naissant, de la passion et de l'enthousiasme retrouvés. C'était l'été de l'ambivalence, entre deux émotions, deux ères, deux espaces-temps où je me perds encore un peu parfois. L'été entre ici et ailleurs, entre hier et demain. L'été des tourbillons intérieurs et de l'apaisement. 



  

9 commentaires:

  1. je te souhaite un peu moins de tourbillons et un peu plus d'apaisement...
    avec le temps va...

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  2. Je ne sais jamais quoi dire après de tels mots :)

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  3. Il y a beaucoup de bon aussi, dans ces entre-deux. Et je sens tellement de la force dans ces mots-là, que l'après me semble que plus grand*

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    1. Merci Mélie. J'espère que l'après sera grand oui. Epanouissant au moins.

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  4. Un été riche en émotions me semble-t-il.
    Garde en mémoire les bons moments et bonne rentrée.

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  5. Que du bon... prends ton élan & saute, tu sembles prête pour la suite ! ;o)

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  6. De l'apaisement encore alors, par tonnes. Mais quand même des tourbillons, de ceux qui mettent des papillons dans le ventre :)

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  7. Un bel été en somme ! Quel bel article ! Je t'embrasse.

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  8. J'aime bien lire que tu te poses sur les fauteuils d'une médiathèque...j'espère que les gens feront ça dans la nouvelle !

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